Lomé, 9 octobre 2025 —
Le président du Conseil des ministres Faure Essozimna Gnassingbé a annoncé, mercredi soir, la composition du premier gouvernement de la Ve République togolaise. Ce remaniement, très attendu, marque le début d’une ère institutionnelle inédite au Togo, née de la réforme constitutionnelle d’avril 2024, qui redéfinit la répartition du pouvoir exécutif.
Entre continuité assumée et ouverture prudente, cette nouvelle équipe entend conjuguer stabilité, inclusion et efficacité pour redonner un nouveau dynamisme soutenu au Togo.
La Ve République en marche : un tournant politique majeur pour une nouvelle ère
L’année 2024 aura marqué un tournant historique dans la vie politique togolaise. Avec la promulgation de la nouvelle Constitution, le Togo a basculé vers un régime parlementaire rationalisé, où le Président du Conseil des ministres, élu par l’Assemblée nationale, détient la réalité du pouvoir exécutif.
Le président de la République conserve désormais un rôle plus symbolique, garant des institutions.
Dans cette nouvelle configuration, Faure Gnassingbé, fort de son expérience et de sa légitimité politique, devient le premier Président du Conseil des ministres de la Ve République. Sa mission : incarner le changement sans rompre avec les fondements de la stabilité qui ont marqué les vingt dernières années de son règne.
Une équipe de 27 ministres : équilibre entre expérience et renouvellement
Le nouveau gouvernement, fort de 27 ministres et 5 délégués, reflète un subtil dosage entre figures historiques du régime et nouveaux visages issus de la société civile et de l’opposition.
Les piliers de la continuité : Gilbert Bawara, Robert Dussey, Cina Lawson, Antoine Lekpa Gbégbéni et Essowè Barcola.
Les symboles du renouveau : Mama Omorou à l’Éducation nationale et Jean-Marie Tessi à la Santé incarnent une nouvelle génération de cadres politiques axés sur les enjeux sociaux.

Un gouvernement placé sous le signe de la réforme et de la performance
Sous la Ve République, le mot d’ordre est clair : Résultats.
Les Togolais attendent des avancées concrètes après plusieurs années de réformes institutionnelles et économiques. Le nouveau gouvernement a donc pour mission d’accélérer la mise en œuvre des politiques publiques prioritaires.Les cinq chantiers prioritaires concernent la transformation numérique, la souveraineté alimentaire, la santé publique, l’éducation et la croissance inclusive.
Restaurer la confiance citoyenne, assurer la sécurité nationale, réussir la décentralisation et concilier croissance et justice sociale : tels sont les défis clés de cette nouvelle équipe gouvernementale. Si la composition du gouvernement a été saluée pour son équilibre, les défis restent immenses.
1. Restaurer la confiance citoyenne
Les Togolais attendent des mesures concrètes sur le coût de la vie, la lutte contre la corruption, et l’accès équitable aux opportunités.
La nouvelle architecture institutionnelle devra prouver qu’elle améliore réellement la gouvernance.
2. Assurer la sécurité et la stabilité
Le nord du pays demeure sous tension, confronté aux menaces terroristes venues du Sahel.
Le gouvernement devra renforcer la résilience sécuritaire, tout en évitant les déséquilibres régionaux.
3. Réussir la décentralisation
La réforme territoriale reste inachevée. Les collectivités locales attendent des moyens accrus pour agir efficacement sur le terrain.
4. Concilier croissance et justice sociale
L’économie togolaise affiche une croissance stable (autour de 5 %), mais la répartition des richesses reste inégale.
L’un des enjeux majeurs sera de transformer cette croissance en développement équitable.
Une vision à long terme : moderniser le Togo sans rompre les équilibres
Faure Gnassingbé se positionne désormais comme un chef d’État stratège, davantage tourné vers la planification et la diplomatie que vers la gestion quotidienne. Il délègue plus largement, mais garde la main sur les dossiers stratégiques : sécurité, intégration régionale, grands projets d’infrastructures.
Le cap affiché reste celui d’un Togo émergent, résilient et connecté :
- un État moderne,
- une administration numérique,
- une économie diversifiée,
- et une société inclusive.
Fée D.








